Trois outils, trois usages, trois places bien distinctes dans ma vie de golfeur. Voilà où j’en suis arrivé après avoir accumulé, testé et éliminé une bonne dizaine de gadgets d’alignement au fil des années. Je garde aujourd’hui exactement ce qu’il me faut, ni plus ni moins, et chaque pièce a gagné sa place à force d’usage répété plutôt que par un coup de cœur passager. Petit tour du propriétaire, avec les vraies qualités et les vrais défauts de chacune.

WellPutt Wellvision : une plaque unique, mais une découpe qui manque de soin
La Wellvision de WellPutt est la dernière arrivée chez moi. C’est une plaque unique en acier inoxydable noir, d’à peine 0,8 millimètre d’épaisseur, développée avec la contribution de Cameron McCormick, le coach de Jordan Spieth. Sur la surface réfléchissante, un cercle rouge marque la position idéale des yeux, deux lignes tracent la trajectoire du départ jusqu’à une flèche en bout de plaque, et une graduation sur le côté (10, 20, 30, 40) permet d’ajuster la distance de travail selon l’exercice. Des billes métalliques viennent compléter le dispositif pour matérialiser une porte de départ.
L’idée est bonne, l’exécution un peu moins. Sur mon exemplaire, les contours de la plaque sont coupés de façon assez grossière par endroits, avec des angles qui manquent de netteté. Ça ne change rien à l’efficacité de l’outil une fois posé au sol, mais pour un produit vendu à ce tarif, ce genre d’approximation dans la fabrication laisse un goût amer. On sent le bon concept freiné par une exécution industrielle qui n’a pas reçu tout le soin qu’elle méritait.
Le plus : une plaque simple et directe, avec une vraie clarté visuelle entre la position des yeux et la ligne de départ à suivre.
Le moins : des finitions de découpe décevantes pour le positionnement premium du produit.
Site officiel : wellputt.com
Visio en version acrylique : scotchée au tapis du salon, elle ne bouge plus
Celle-là, je ne la déplace jamais. Le miroir Visio, signé Phil Kenyon, vit collé au ruban adhésif sur mon tapis de putting, à l’appartement, en permanence. J’ai opté pour la version acrylique plutôt que la version acier, plus lourde et plus difficile à fixer proprement sur un tapis. Autant dire tout de suite ce que je pense de cet outil : c’est le plus abouti des trois, sans comparaison possible avec les deux autres.
Ce qui fait toute la différence, c’est le drill imposé par la géométrie de la plaque. Deux pegs aimantés, nettement plus hauts que de simples tees, viennent se fixer sur la surface pour former une porte resserrée que la balle doit traverser sans dévier. Leur hauteur laisse un espace minime au-dessus du miroir, et la longueur de la plaque oblige à tenir la ligne sur une distance suffisamment généreuse pour qu’aucun rattrapage de dernière seconde ne sauve un mauvais départ de balle. Autrement dit, impossible de tricher : soit le putt est propre du début à la fin, soit la balle touche un peg et l’exercice est raté. Les premières semaines, j’ai raté beaucoup plus souvent que je n’ai réussi, ce qui en dit long sur l’exigence réelle de l’outil comparé à ce qu’on croit savoir de son propre stroke.
Le plus : un niveau d’exigence inégalé, qui oblige à produire un putt véritablement pur pour valider l’exercice.
Le moins : la difficulté peut décourager sur une séance rapide, mieux vaut s’y consacrer quand on a le temps de vraiment s’accrocher.
Site officiel : visioputting.com
Putting Plates : la plaque à trous qui ne quitte jamais le sac de golf
Enfin, la plaque Putting Plates, signée Derek Uyeda, reste cantonnée au club. Celle-là voyage exclusivement dans mon sac et sort au practice avant chaque partie ou chaque compétition, jamais à la maison. Sa particularité tient à ses perforations réparties sur toute la surface : elles servent à positionner des tees selon différentes configurations, pour travailler tour à tour la ligne de départ, la lecture de green ou la vitesse de frappe, plutôt que de se limiter à un seul type d’exercice figé.
Ce qui justifie qu’elle reste en permanence dans mon sac, c’est avant tout sa robustesse et sa taille. Elle tient dans n’importe quelle poche, se fixe sans problème sur le practice grâce à ses petits pieds, et encaisse sans broncher les coups un peu ratés qui, certains jours, finissent leur course directement sur le bord de la plaque plutôt qu’au milieu du trou visé.

Le plus : une polyvalence d’exercices grâce à ses multiples trous, et une solidité qui supporte bien le transport quotidien au parcours.
Le moins : pas de surface réfléchissante intégrée, donc aucun retour visuel sur la posture, il faut la combiner avec un vrai miroir pour ce volet-là.
Site officiel : puttingplates.com
Trois outils, trois raisons de rester
Rien de tout ça ne relève du hasard. Chaque plaque a fini par occuper une niche précise dans mon organisation, presque malgré moi : la Visio pour le travail de fond quotidien à la maison, exigeant et sans compromis ; la Putting Plates pour la préparation de compétition au club, robuste et polyvalente ; la Wellvision comme complément pour varier les repères visuels quand l’envie m’en prend. Trois logiques différentes, trois moments différents de ma semaine de golf, et au final, aucune des trois ne fait doublon avec les autres.
Certains diront qu’un seul bon miroir suffit largement pour progresser sur les greens, et ils n’ont probablement pas tort. Mais tant que je continuerai à chercher ce dixième de coup qui me sépare encore d’un retour à zéro d’index, je préfère multiplier les angles de travail plutôt que de me fier à un outil unique. C’est peut-être ça, la vraie définition d’un addict : ne jamais cesser d’ajuster son arsenal.

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